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Ce blog est fait par une étudiante qui n'est pas une spécialiste des affaires sociales.
Même si elle dresse parfois un tableau noir des politiques mises en oeuvre et de leurs résultats, elle croit qu'avec "un peu d'effort, peut mieux faire" !

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Bonne lecture,

Citlali

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emploi, formation, syndicats

Lundi 27 novembre 2006
Aujourd'hui, le système de financement des syndicats français pose deux problèmes graves : il est fragile et opaque.

Personne ne sait réellement d'où provient l'argent des syndicats.

Le rapport de mai 2006 du conseiller d'Etat Raphael Hadas-Lebel ne peut fournir que quelques tableaux chiffrés qui retracent imparfaitement l'ensemble des sources financières.

Les syndicats n'ont aucune obligation légale de publier leurs comptes, ce qu'ils se gardent bien de faire. Certaines centrales ne prévoient pas la présentation annuelle des comptes lors du congrès. Seule la CFDT a mis en ligne ses chiffres. Ainsi, les syndicats sont moins contrôlés que des associations bénéficiaires de subventions publiques.

Selon les dirigeants syndicaux, la structure des syndicats, basée sur l'indépendance des sections locales, est telle qu'il serait « impossible » d'avoir des comptes consolidés au niveau national. Il est vrai que les comptes ne sont effectués qu'à partir du niveau départemental, alors que les cotisations sont recueillies au niveau de l'entreprise et de l'union locale... mais peut-on raisonnablement invoquer sa propre turpitude ?

Il est urgent d'élaborer une loi obligeant les syndicats à publier leurs comptes. Mais cela ne peut aller sans une contrepartie qui viserait à revaloriser et à clarifier l'ensemble des sources de financement.

Les cotisations représentent un tiers des sources de financement, contre 80% chez la plupart de nos voisins (Allemagne, Suède, Belgique, Royaume-Uni). Elles ne suffisent plus à maintenir debout les organisations syndicales.

Mais l'Etat et les entreprises ont besoin de représentants de salariés avec qui négocier.
Ils ont été amenés à développer tous azimuts les moyens de trouver aux syndicats sous et personnels : subventions ministérielles (le ministère du travail versera 33 millions d'euros au titre de la formation en 2006), subventions des collectivités locales (très hétérogènes et liées au bon vouloir des majorités), mises à disposition de fonctionnaires (5.000 temps pleins au ministère de l'Education nationale), exonérations d'impôts, indemnités des organismes de sécurité sociale, chèque syndical d'Axa en 1990, mises à disposition de salariés des entreprises dans l'illégalité la plus totale.

Il ne s'agit pas d'un financement construit mais d'un bric à brac, souvent dépourvu de bases légales et assujetti aux alternances politiques : cela pénalise nos syndicats qui n'en ont sûrement pas besoin !

Une solution de facilité serait de faire payer les employeurs. Après tout, leurs propres syndicats (dont le financement est tout aussi opaque que les autres, l'ai-je dit ?) n'ont pas de problème de moyens, leur taux de syndicalisation étant très élevé.
L'accord trouvé dans le secteur de l'artisanat en 2001 instaure ainsi une cotisation patronale de 0,15% de la masse salariale au profit des syndicats d'employés.

Mais peut-on sérieusement penser que des syndicats de salariés financés par les employeurs conservent leur indépendance ? non, et aucun pays européen n'a retenue cette solution.

Il vaudrait mieux organiser un financement public transparent au titre des missions d'intérêt général que remplissent les syndicats. La liberté syndicale et le droit de grève sont des principes à valeur constitutionnelle. Les syndicats ont une obligation annuelle de négocier, toutes les réformes dans le domaine social doivent désormais faire l'objet d'une négociation préalable. Notre système juridique et politique reconnaît bien un rôle central aux syndicats comme aux partis. Nous finançons les uns et pas les autres.

Il n'en résultera pas forcément une augmentation des coûts. Les mises à dispositions de fonctionnaires, les subventions éparpillées des ministères et des collectivités territoriales représentent des sommes tout à fait conséquentes. Il faut les chiffrer et les pérenniser.

Reste l'argument des syndicats qui clament qu'un financement public institutionnalisé leur retirait leur indépendance. Au diable les autruches ! Etant donné la chute libre des taux de syndicalisations depuis les années 1970, sans l'Etat, les syndicats français auraient certainement disparu.
Par Citlali
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Dimanche 3 décembre 2006

L'avis du Conseil Economique et Social voté le 29 novembre reflète les tensions qui ont dû apparaître pendant la discussion sur la représentativité des syndicats et leurs moyens de financement. Certains paragraphes se contredisent, mais les propositions retenues in fine sont relativement courageuses.

Le CES reconnaît que les syndicats doivent se libérer d'une tradition « excessivement » protestataire qui entrave toutes les négociations, et devient difficilement tenable si la décision est prise de donner plus de poids aux accords entre partenaires sociaux face à la loi. Cela paraît évident mais mérite d'être rappelé, sans espérer que la culture des syndicats est susceptible de changer du jour au lendemain...

L'avis prend clairement position sur la réforme de la présomption irréfragable de représentativité (qui permet aujourd'hui à 5 centrales de discuter avec le gouvernement en écartant toutes les autres et sans avoir à prouver leur représentativité). Le CES estime que tous les syndicats doivent aujourd'hui répondre à des critères de « représentativité nationale » (qui remplace la représentativité irréfragable) évalués tous les 5 ans. Ces critères doivent être eux aussi repensés et le CES proposent d'en établie la liste suivante :

  • effectifs
  • indépendance
  • existence de cotisations
  • ancienneté
  • respect des valeurs républicaines (qui remplace l'attitude patriotique sous l'occupation)
    audience, calculée à partir des élections, ce qui a donné lieu à des discordes profondes au sein du CES.
  • activité

Le CES suggère qu'un instance indépendante apprécie la situation des syndicats au lieu du ministère du travail, ce qui permettrait peut-être de tempérer les inévitables drames à venir quand une organisation entrera ou sortira de la liste.


Syndicalisme d'adhésion ou de représentation ? Droit d'opposition de la majorité ou majorité d'engagement ? Les résultats du vote ne sont pas très étonnants : la CFDT, la CGT, l'UNAF et l'UNSA votent pour, la CFE, CGC, la CFTC et FO votent contre.

Par Citlali
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Mardi 9 janvier 2007
Chaque année, 6 milliards d'euros sont dépensés pour attribuer des bourses à 2,2 millions d'étudiants. Ce chiffre est conséquent et cache une réalité peu reluisante selon le rapport remis par Laurent Wauquiez au Premier ministre en juillet 2006. L'attribution de ces bourses s'effectue sur la base de critères peu lisibles : les acteurs publics qui délivrent les bourses sont trop nombreux (universités, rectorats, CROUS, ministères, etc), les textes législatifs qui les régissent souvent archaïques, ce qui aboutit à une situation confuse avec pas moins de 108 plafonds différents pour les bourses attribuées sur critères sociaux ! Autre souci administratif : le retard dans le versement des bourses, qui arrivent souvent en janvier-février, et dans certaines régions avec un an de retard.

Le second problème fondamental du système actuel tient à des seuils d'attribution très abrupts : les classes moyennes sont laissées de côté par les aides publiques mais elles ne sont pas capables d'assurer le coût des études de leurs rejetons. De plus, si les étudiants travaillent parallèlement à leurs études, ils voient leurs aides réduites et ne peuvent plus toucher l'ALS (allocation de logement à caractère social), ce qui est particulièrement désincitatif et injuste.


Le rapport de M.Wauquiez envisage plusieurs changement radicaux dans le système des bourses. Tout d'abord, il instituerait une allocation de rentrée universitaire qui permettrait aux étudiants de faire face au mois le plus dur de l'année. L'effort financier induit s'élèverait à 100 millions d'euros. C'est utile mais primordial.


Sa deuxième proposition l'est davantage : il instaurerait une bourse unique et proportionnelle, à l'allemande, qui permettrait d'éviter les effets de seuil et assurerait une plus grande équité entre les étudiants. Il appelle aussi de ses voeux le décontingentement et le déplafonnement des bourses au mérite, très généreuses à l'heure actuelle mais ne pouvant bénéficier qu'aux étudiants déjà boursiers.


L'instauration d'une aide unique et proportionnelle paraît être la solution idéale et elle l'est certainement. Cependant, les critiques répétées du rapport sur les inégalités entre zones géographiques (par exemple celles relatives au tarif des transports pour les étudiants) vont bien au-delà du débat sur les bourses.


Autant, l'harmonisation et la simplification des aides provenant d'institutions nationales (droit à un prêt étudiant à taux 0, bourses nationale unique, extension du système locapass) sont souhaitables, autant la volonté d'égaliser toutes les aides régionales revient à nier la possibilité pour les régions de mener une politique qui leur soit propre.

Cela va à l'encontre de l'effort de décentralisation de ces dernières décennies et prouve les réticences viscérales du personnel politique français, et certainement d'une majorité de l'électorat, à admettre des politiques différenciées entre régions. Dans de nombreux pays voisins, par exemple l'Allemagne ou l'Espagne, celles-ci ne posent pas de problème. Une politique d'attractivité territoriale vis-à-vis de la population étudiante ne me paraît pas choquante. L'université de Laponie offre depuis l'année dernière un ordinateur portable aux étudiants finlandais qui se lancent à passer quelques mois de l'année dans le noir, personne ne s'est offusqué de l'inégalité entre étudiants que cette initiative créait de fait.


Une harmonisation des bourses nationales pourrait constituer une base sur laquelle se grefferaient les aides régionales, mais vouloir uniformiser tout le système pourrait paraître une « fausse bonne idée »...

Par Citlali
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