| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Le second problème fondamental du système actuel tient à des seuils d'attribution très abrupts : les classes moyennes sont laissées de côté par les aides publiques mais elles ne sont pas capables d'assurer le coût des études de leurs rejetons. De plus, si les étudiants travaillent parallèlement à leurs études, ils voient leurs aides réduites et ne peuvent plus toucher l'ALS (allocation de logement à caractère social), ce qui est particulièrement désincitatif et injuste.
Le rapport de M.Wauquiez envisage plusieurs changement radicaux dans le système des bourses. Tout d'abord, il instituerait une allocation de rentrée universitaire qui permettrait aux étudiants de faire face au mois le plus dur de l'année. L'effort financier induit s'élèverait à 100 millions d'euros. C'est utile mais primordial.
Sa deuxième proposition l'est davantage : il instaurerait une bourse unique et proportionnelle, à l'allemande, qui permettrait d'éviter les effets de seuil et assurerait une plus grande équité entre les étudiants. Il appelle aussi de ses voeux le décontingentement et le déplafonnement des bourses au mérite, très généreuses à l'heure actuelle mais ne pouvant bénéficier qu'aux étudiants déjà boursiers.
L'instauration d'une aide unique et proportionnelle paraît être la solution idéale et elle l'est certainement. Cependant, les critiques répétées du rapport sur les inégalités entre zones géographiques (par exemple celles relatives au tarif des transports pour les étudiants) vont bien au-delà du débat sur les bourses.
Autant, l'harmonisation et la simplification des aides provenant d'institutions nationales (droit à un prêt étudiant à taux 0, bourses nationale unique, extension du système locapass) sont souhaitables, autant la volonté d'égaliser toutes les aides régionales revient à nier la possibilité pour les régions de mener une politique qui leur soit propre.
Cela va à l'encontre de l'effort de décentralisation de ces dernières décennies et prouve les réticences viscérales du personnel politique français, et certainement d'une majorité de l'électorat, à admettre des politiques différenciées entre régions. Dans de nombreux pays voisins, par exemple l'Allemagne ou l'Espagne, celles-ci ne posent pas de problème. Une politique d'attractivité territoriale vis-à-vis de la population étudiante ne me paraît pas choquante. L'université de Laponie offre depuis l'année dernière un ordinateur portable aux étudiants finlandais qui se lancent à passer quelques mois de l'année dans le noir, personne ne s'est offusqué de l'inégalité entre étudiants que cette initiative créait de fait.
Une harmonisation des bourses nationales pourrait constituer une base sur laquelle se grefferaient les aides régionales, mais vouloir uniformiser tout le système pourrait paraître une « fausse bonne idée »...