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Ce blog est fait par une étudiante qui n'est pas une spécialiste des affaires sociales.
Même si elle dresse parfois un tableau noir des politiques mises en oeuvre et de leurs résultats, elle croit qu'avec "un peu d'effort, peut mieux faire" !

Vous pouvez me contacter par mail

Bonne lecture,

Citlali

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Dimanche 10 décembre 2006

Le 5 décembre dernier se sont achevés les Etats généraux de l'alcool, forums présents dans les 26 régions françaises.

Pour commencer à réfléchir sur le phénomène de l'alcool en France, je vous propose quelques chiffres évocateurs (ou déprimants, c'est selon) tirés du Plan gouvernemental de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l'alcool, 2004-2008 :

  • en 2002, la France occupe la 4e place des pays européens en consommation de litres d'alcool par habitant et par an.

  • le nombre de décès annuels attribuables à l'alcool en France en 2000 est de 45 000.

  • l'alcool contribue à 14% des décès masculins et 3% des décès féminins.

  • le nombre des consommateurs à problème est estimé en France entre 4 et 5 millions de personnes, dont 2 millions sont dépendantes. Imaginez le tout Paris ivre mort sur la chaussée...

  • 21% des 18-75 ans consomment de l'alcool tous les jours, 9% présentent un risque de consommation problématique, dépendance actuelle ou passée.

  • la première consommation d'alcool se situe vers 14 ans en moyenne et la première ivresse 2 ans après en moyenne.


L'alcool ont un impact sanitaire et social très fort en raison de la taille des populations concernées, du caractère durable de cette consommation au cours de la vie, mais aussi de la dimension sociale et culturelle. La mobilisation des pouvoirs publics contre la consommation d'alcool a été tardive. Ce n'est qu'en 1999 que la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie étend son champ d'activités à l'ensemble des produits psychoactifs, dont le tabac et l'alcool.

Dans les années 2000 se sont succédés les campagnes publicitaires. Beaucoup d'actions ont été réalisées à l'aide de diffusion de spots à la télévision, guide pratique à destination des professionnels, dépliants d'information pour le grand public, emails et des sms.

Le ciblage sur les accidents de la route a été un succès et ce pour deux raisons : les moyens consacrés aux campagnes ont été importants et relayés par les médias, et surtout, il y avait une sanction par les contrôles de police. La peur du gendarme, on en revient là.

Pourquoi alors parler d'un tabou sur l'alcool en France ?

Tout d'abord, il est à noter que l'Etat n'a toujours pas mis en place une politique de prévention à l'alcool dans les collèges. Les actions de prévention sont souvent confiées à des associations, dont les moyens sont hétérogènes et dont les personnels sont inégalement formés. Elles ne touchent pas tous les adolescents.

La lutte contre les stupéfiants ou le tabac ont été envisagées sous 3 angles : prévention/ réduction de l'offre/ réduction de la demande. Mais pour l'alcool, la question d'une réduction de l'offre n'a jamais été véritablement posée, en raison du lobby des alcooliers. Deux députés UMP ont d'ailleurs récemment souligner le besoin « d'informer les jeunes adultes des effets bénéfiques du vin-aliment »... je propose dans le même registre d'informer les futurs représentants de la nation sur ceux des pots de vin...

Le vrai problème est que la lutte contre la consommation d'alcool est encore abordée de façon restreinte, soit pour des publics particuliers (les femmes enceintes, les jeunes), soit dans des contextes particuliers (la fête, la conduite automobile) : en réalité, dans les cas où l'effet de la boisson est particulièrement visible.

Le plan gouvernemental 2004-2008 illustre parfaitement de ce biais : il évoque le problème de l'alcool au travail, responsable de 10% des accidents de travail, en une dizaine de lignes en expliquant que la « liste des métiers et situations d'emploi à risques d'accidents [...] doit être actualisée ».

Quant aux violences domestiques dans lesquelles l'alcool est impliqué dans 30% des cas, elles sont balayées en 3 lignes et renvoyées au Plan violences et santé, en cours de préparation. Les effets sociaux de l'alcool, la destruction des relations sociales et des familles qui en découlent, ne sont pas abordés de front.


Par Citlali - Publié dans : santé
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